Histoire de la phonomimie de Augustin Grosselin

En ce mois de novembre, je vous propose de faire un peu connaissance avec celui qui a inventé la PHONOMIMIE !

Qui donc était Augustin GROSSELIN ?

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Jean-qui-Rit utilise chaque jour sa phonomimie, faisons donc un peu d’histoire autour de celle-ci pour mieux la connaître.

Augustin Grosselin est né le 14 mai 1800 à Sedan. Il fait des études d’avocat, mais ce n’est pas le domaine de la justice qui le rendra célèbre.

Il se marie en 1825, et aura bientôt 4 enfants. Il faut se remémorer que les lois de Jules Ferry sur l’école datent des années 1880, et qu’à l’époque où Grosselin devient père, la scolarité obligatoire est inexistante. Ses enfants seront donc « scolarisés », ou plus exactement instruits  « en famille ». C’est Madame Grosselin qui apprendra à lire à ses enfants. Le fils aîné d’Augustin Grosselin n’eut jamais d’autre professeur que lui, à 16 ans il est bachelier et sténographe.

Augustin Grosselin sera toujours passionné par l’éducation : c’est lui qui a inventé la sténographie; et, moins connues, ses inventions de « langue universelle », ses leçons d’histoire « mémo-techniques », ses planisphères, ses cubes-alphabets et autres boîtes typographiques, etc.

Augustin Grosselin inventa la phonomimie, en priorité pour ses enfants, parce qu’il A8FE62FFCDE14953BC4AED732D2CE06E
trouvait qu’il fallait rendre l’apprentissage de la lecture plus facile, aussi bien pour celui qui enseigne que pour celui qui est enseigné. C’est dans sa famille, avec ses petits – enfants, que Monsieur Grosselin fit l’essai de sa nouvelle méthode à laquelle il donna le nom de « phonomimie », qui peut se traduire par « la mimique du son » (expression de son biographe).

Très humaniste et sensible à la misère de son époque, il fonde une Société d’assistance et participe à la création des « salles d’asile », ancêtres de nos jardins d’enfants, avec Madame Pape-Carpantier, qui sera un véritable levier pour le lancement de la méthode phonomimique. C’est en effet dans les salles d’asile qu’elle sera testée puis généralisée (il faut se rappeler la misère de ces salles d’asile, qui , à l’origine, servaient à garder les enfants dans une salle au lieu de les laisser seuls dans la rue!).

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« Pour quiconque a suivi, dans une classe, les exercices phonomimiques, la solution est toute naturelle : l’oreille, l’œil et la main des élèves agissent simultanément, il n’y a pas de cause de distraction pour eux ; leur attention toute entière est occupée. Et la maîtresse, interrogeant toutes ces mains qui parlent, s’assure d’un coup d’œil que tous suivent la leçon avec fruit et, on peut le dire, avec joie. » (Notice biographique, Bourguin, 1870)

C’est dans une de ces salles d’asile, à Givet, qu’un jour la jeune Juliette Fraison, sourde et muette, se mit à communiquer avec les entendants au moyen de la phonomimie, ce qui lança notre Augustin Grosselin sur un autre projet : la création d’écoles où sourds et entendants pourraient être enseignés ensemble ! C’est ainsi que de nos jours encore, certains pensent que la phonomimie a été créée pour les enfants sourds.

Son biographe nous en prouve le contraire, quand il écrit en 1870: « une chose assez étrange, mais qui m’a été plusieurs fois attestée par lui-même, c’est qu’en composant son alphabet gesticulé, M.Grosselin n’avait en vue que les enfants entendants ».

Madame Pape-Carpantier  édita le premier livre de lecture utilisant la méthode phonomimique, la méthode fut même présentée aux expositions universelles de Paris de 1867, où Augustin avait fait aménager une salle de classe avec élèves pour présenter de manière vivante sa méthode ! La phonomimie  sera même « médaille d’or » lors des expositions universelles de 1889 et de 1900 !

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Il faut aussi nommer Mademoiselle Gaudon, directrice de la salle d’asile de la rue Bertholet à Paris, lieu où la méthode reçut sa première application, et qui écrivit le premier recueil des petites histoires illustrant les phonèmes.

On peut raisonnablement penser que sans l’aide de ces femmes que furent Marie Pape-Carpantier et Mademoiselle Gaudon, la phonomimie ne serait pas devenue la méthode d’enseignement de la lecture de toutes les écoles de Paris en 1900 ! On peut regretter cette période  où tous les enfants apprenaient la phonomimie!

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Il faut souligner que Augustin Grosselin rencontra la Baronne de Marenholtz, qui divulgue les idées de Froebel, fondateur des jardins d’enfants, ainsi que la Baronne de Combrugghe, qui traduisit les ouvrages de Froebel et qui expérimenta avec succès la méthode Grosselin à l’école Saint Josse ten Noode à Bruxelles.

On peut non moins raisonnablement penser que sans Marie-Brigitte Lemaire, la phonomimie dormirait sur les étagères de la BNF (Bibliothèque Nationale Française).

Je termine en citant Augustin Grosselin:

« L’idéal pour une méthode d’enseignement pour le premier âge de la vie, c’est d’y faire concourir l’OUIE, la VUE et le TOUCHER, c’est à dire les trois sens qui sont les principaux instruments de l’intelligence et de la mémoire, et qui n’agissent dans la plénitude de leur puissance que quand ils interviennent simultanément ».

Jean qui Rit est la seule méthode actuellement à utiliser la phonomimie de Grosselin, combinée bien sûre avec les chants et les gestes qui rendent l’apprentissage de la lecture plus entier. D’autres méthodes s’en sont inspiré pour inventer une autre gestuelle, plus à usage de rééducation, comme la méthode Borel-Maisonny.

La pédagogie Jean qui Rit utilise la phonomimie de Grosselin, mais pas seulement! Le génie de Jean qui Rit, c’est d’avoir enrichi ce concept des apports de grands pédagogues comme Madame Ward, Madame Lubienska de Lenval, Madame Bugnet, dont nous pourrons parler une autre fois!

Par françoise Nicaise, formatrice Jean Qui Rit

Bibliographie:

Augustin Grosselin, notice biographique, de Louis-Auguste Bourguin, ed. 1870, réédité par Hachette

Marie Pape-Carpantier, par Colette Cosnier, ed. de l’Harmattan 1993

Récits enfantins, par Melle Gaudon,

Enseignement de la lecture à l’aide du procédé phonomimique de Mr Grosselin, par Marie Pape-Carpantier, 1893

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