Semaine nantaise pour Jean Qui Rit et Marie-Brigitte Lemaire

Une belle semaine vient de se terminer à Nantes où huit parents ont suivi une semaine de formation à la pédagogie Jean Qui Rit. Ces mamans ont eu la chance d’avoir comme formatrice Marie-Brigitte Lemaire ravie de « reprendre du service » le temps d’une semaine.

 

groupe Nantes mamans 2016

Vous aussi vous pouvez organiser une session dans votre ville à la demande, n’hésitez pas à nous contacter : pedagogiejeanquirit@gmail.com

A bientôt !

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Histoire de la phonomimie de Augustin Grosselin

En ce mois de novembre, je vous propose de faire un peu connaissance avec celui qui a inventé la PHONOMIMIE !

Qui donc était Augustin GROSSELIN ?

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Jean-qui-Rit utilise chaque jour sa phonomimie, faisons donc un peu d’histoire autour de celle-ci pour mieux la connaître.

Augustin Grosselin est né le 14 mai 1800 à Sedan. Il fait des études d’avocat, mais ce n’est pas le domaine de la justice qui le rendra célèbre.

Il se marie en 1825, et aura bientôt 4 enfants. Il faut se remémorer que les lois de Jules Ferry sur l’école datent des années 1880, et qu’à l’époque où Grosselin devient père, la scolarité obligatoire est inexistante. Ses enfants seront donc « scolarisés », ou plus exactement instruits  « en famille ». C’est Madame Grosselin qui apprendra à lire à ses enfants. Le fils aîné d’Augustin Grosselin n’eut jamais d’autre professeur que lui, à 16 ans il est bachelier et sténographe.

Augustin Grosselin sera toujours passionné par l’éducation : c’est lui qui a inventé la sténographie; et, moins connues, ses inventions de « langue universelle », ses leçons d’histoire « mémo-techniques », ses planisphères, ses cubes-alphabets et autres boîtes typographiques, etc.

Augustin Grosselin inventa la phonomimie, en priorité pour ses enfants, parce qu’il A8FE62FFCDE14953BC4AED732D2CE06E
trouvait qu’il fallait rendre l’apprentissage de la lecture plus facile, aussi bien pour celui qui enseigne que pour celui qui est enseigné. C’est dans sa famille, avec ses petits – enfants, que Monsieur Grosselin fit l’essai de sa nouvelle méthode à laquelle il donna le nom de « phonomimie », qui peut se traduire par « la mimique du son » (expression de son biographe).

Très humaniste et sensible à la misère de son époque, il fonde une Société d’assistance et participe à la création des « salles d’asile », ancêtres de nos jardins d’enfants, avec Madame Pape-Carpantier, qui sera un véritable levier pour le lancement de la méthode phonomimique. C’est en effet dans les salles d’asile qu’elle sera testée puis généralisée (il faut se rappeler la misère de ces salles d’asile, qui , à l’origine, servaient à garder les enfants dans une salle au lieu de les laisser seuls dans la rue!).

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« Pour quiconque a suivi, dans une classe, les exercices phonomimiques, la solution est toute naturelle : l’oreille, l’œil et la main des élèves agissent simultanément, il n’y a pas de cause de distraction pour eux ; leur attention toute entière est occupée. Et la maîtresse, interrogeant toutes ces mains qui parlent, s’assure d’un coup d’œil que tous suivent la leçon avec fruit et, on peut le dire, avec joie. » (Notice biographique, Bourguin, 1870)

C’est dans une de ces salles d’asile, à Givet, qu’un jour la jeune Juliette Fraison, sourde et muette, se mit à communiquer avec les entendants au moyen de la phonomimie, ce qui lança notre Augustin Grosselin sur un autre projet : la création d’écoles où sourds et entendants pourraient être enseignés ensemble ! C’est ainsi que de nos jours encore, certains pensent que la phonomimie a été créée pour les enfants sourds.

Son biographe nous en prouve le contraire, quand il écrit en 1870: « une chose assez étrange, mais qui m’a été plusieurs fois attestée par lui-même, c’est qu’en composant son alphabet gesticulé, M.Grosselin n’avait en vue que les enfants entendants ».

Madame Pape-Carpantier  édita le premier livre de lecture utilisant la méthode phonomimique, la méthode fut même présentée aux expositions universelles de Paris de 1867, où Augustin avait fait aménager une salle de classe avec élèves pour présenter de manière vivante sa méthode ! La phonomimie  sera même « médaille d’or » lors des expositions universelles de 1889 et de 1900 !

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Il faut aussi nommer Mademoiselle Gaudon, directrice de la salle d’asile de la rue Bertholet à Paris, lieu où la méthode reçut sa première application, et qui écrivit le premier recueil des petites histoires illustrant les phonèmes.

On peut raisonnablement penser que sans l’aide de ces femmes que furent Marie Pape-Carpantier et Mademoiselle Gaudon, la phonomimie ne serait pas devenue la méthode d’enseignement de la lecture de toutes les écoles de Paris en 1900 ! On peut regretter cette période  où tous les enfants apprenaient la phonomimie!

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Il faut souligner que Augustin Grosselin rencontra la Baronne de Marenholtz, qui divulgue les idées de Froebel, fondateur des jardins d’enfants, ainsi que la Baronne de Combrugghe, qui traduisit les ouvrages de Froebel et qui expérimenta avec succès la méthode Grosselin à l’école Saint Josse ten Noode à Bruxelles.

On peut non moins raisonnablement penser que sans Marie-Brigitte Lemaire, la phonomimie dormirait sur les étagères de la BNF (Bibliothèque Nationale Française).

Je termine en citant Augustin Grosselin:

« L’idéal pour une méthode d’enseignement pour le premier âge de la vie, c’est d’y faire concourir l’OUIE, la VUE et le TOUCHER, c’est à dire les trois sens qui sont les principaux instruments de l’intelligence et de la mémoire, et qui n’agissent dans la plénitude de leur puissance que quand ils interviennent simultanément ».

Jean qui Rit est la seule méthode actuellement à utiliser la phonomimie de Grosselin, combinée bien sûre avec les chants et les gestes qui rendent l’apprentissage de la lecture plus entier. D’autres méthodes s’en sont inspiré pour inventer une autre gestuelle, plus à usage de rééducation, comme la méthode Borel-Maisonny.

La pédagogie Jean qui Rit utilise la phonomimie de Grosselin, mais pas seulement! Le génie de Jean qui Rit, c’est d’avoir enrichi ce concept des apports de grands pédagogues comme Madame Ward, Madame Lubienska de Lenval, Madame Bugnet, dont nous pourrons parler une autre fois!

Par françoise Nicaise, formatrice Jean Qui Rit

Bibliographie:

Augustin Grosselin, notice biographique, de Louis-Auguste Bourguin, ed. 1870, réédité par Hachette

Marie Pape-Carpantier, par Colette Cosnier, ed. de l’Harmattan 1993

Récits enfantins, par Melle Gaudon,

Enseignement de la lecture à l’aide du procédé phonomimique de Mr Grosselin, par Marie Pape-Carpantier, 1893

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L’été de Jean Qui Rit

2015 fut un très bon cru pour la pédagogie Jean Qui Rit !

Nous avons fait le tour de France : Toulouse, Nantes puis enfin Paris ! Au final ce sont 41 enseignants qui ont été formés et nous avons également la joie de former en ce moment une nouvelle formatrice, bienvenue à elle.

A la rentrée scolaire 2015, c’est donc autant de classes qui pourront profiter des bienfaits de la pédagogie Jean Qui Rit. Nous souhaitons à tous ces enfants beaucoup de joie dans leur apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Voilà en images quelques photos ensoleillées de nos sessionnistes.

A  TOULOUSE tout d’abord !

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Puis à NANTES !

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Et enfin à PARIS pour notre session annuelle où les enseignantes présentes ont eu la chance d’avoir la visite de Marie-Brigitte Lemaire, la maman de Jean Qui Rit.

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RDV l’été prochain pour les enseignants et tout au long de l’année pour les familles, de nombreuses dates de sessions viennent d’être mises en ligne, n’hésitez pas à vous inscrire ou à faire connaître ces dates dans votre entourage.

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Marie-Brigitte Lemaire invitée chez TV Libertés

Lorsque l’on pense méthodes de lecture, on pense bien souvent à la pédagogie Jean Qui rit, tant celle-ci fait ses preuves depuis plus de 50 ans.

Anne-Laure BLANC de l’émission « Héros de jeunesse » pour TV Libertés s’est donc tournée tout naturellement vers Mademoiselle Marie-Brigitte Lemaire pour son émission sur le thème « quelles sont les bonnes méthodes pour apprendre à lire? ».

Vous pouvez retrouver l’intégralité de l’émission en cliquant sur les liens suivants :

http://www.tvlibertes.com/heros-de-jeunesse-quelles-sont-les-bonne-methodes-pour-apprendre-a-lire/

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Une session Enseignants Jean Qui Rit : comment cela se passe-t-il ?

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Madeleine Brault enseignante en CP depuis de très longues années est également formatrice Jean Qui Rit pour les enseignantes. Elle assure chaque année des  sessions de formation l’été.

 

Bonjour Madeleine, merci de nous accorder de votre temps et de permettre ainsi à chacun de mieux connaître la pédagogie Jean Qui Rit.

1- Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous expliquer ce qui vous a amenée jusqu’à Jean Qui Rit ?

A l’âge de 10 ans je m’interrogeais déjà sur le pourquoi des difficultés de mes camarades ou de certains membres de ma famille, j’étais attentive aux questionnements des grandes personnes… Sans réponse…et à 23 ans étant au chômage j’ai décidé de faire la session JQR (ayant déjà fait quelques stages en maternelle et cours élémentaire)

2- Comment devient-on formatrice Jean Qui Rit ?

Pour être formatrice de professeurs JQR il faut avoir enseigné un an le CP avec cette pédagogie, puis avoir suivi au moins deux autres sessions en tant que stagiaire-formateur, entrecoupées d’une autre année de CP.

3- Vous êtes formatrice pour les sessions enseignantes, il existe également des sessions pour les familles. Pouvez-vous nous expliquer la différence entre les deux et pourquoi n’y a – t – il pas une session unique pour tout le monde ?

La demande n’est pas la même et les besoins non plus. En session enseignante, c’est une pédagogie de groupe avec toute la richesse que celui-ci apporte qu’on ne peut avoir avec un seul enfant. Inversement  la richesse d’un seul enfant ne peut être appliquée au groupe. Et alors les questions ne peuvent servir à tout le groupe. Cinq jours pour les enseignantes cela est déjà bien court

4- Qui peut donc participer à ces fameuses sessions enseignantes ?

Tous les enseignants d’hier et d’aujourd’hui. L’enseignant peut être en disponibilité, mais aussi les orthophonistes et toute personne s’occupant d’enfants.

5- Comment se déroulent-t-elles de manière pratique ?

Le principe : de la théorie puis des exercices pratiques par petits groupes (les uns enseignent les autres jouent les élèves).

Arriver en classe en septembre est alors aisé.

6- Quels sont les principaux points abordés ?

– La lecture par la phonomimie (gestes)

– Le chant et geste (avec exercices vocaux, exercices d’orientation, exercices rythmiques)

– La dictée et la copie (avec des lettres mobiles)

– L’écriture (par le geste, le rythme et le chant)

– la minute de silence

 7- Y-a-t-il des prérequis à avoir pour y participer ?

La joie !

8- Et si une enseignante rencontrait des difficultés lors de la mise en pratique en classe, peut-elle revenir vers vous ou peut-elle avoir un suivi pour l’accompagner ?

Plusieurs solutions : les formatrices restent disponibles pour répondre au téléphone à leurs interrogations,  mais certaines décident même de refaire une session car il est vrai que c’est très dense ! Elle peut alors bénéficier d’un demi-tarif si c’est elle qui paie sa formation.

Quand aux enseignantes habitant la région parisienne, Marie-Brigitte Lemaire, maman de Jean Qui Rit, leur propose de leur rendre visite dans leur classe. Ces visites sont l’occasion de discuter et échanger autour de Jean Qui Rit … elles ne sont en rien une inspection !

9- Un dernier mot pour donner envie aux enseignantes de se joindre à nous cet été ?

Après presque 30 ans d’enseignement du CP je reste toujours passionnée par cette pédagogie qui s’occupe de tous les enfants visuels, auditifs, gestuels ou tactiles. En effet tous savent lire à la plus grande joie des enfants, de leurs parents mais aussi de leur professeur.

Chers collègues venez et vous repartirez tout à la joie d’avoir de nouveaux moyens pour aider vos élèves et cela dans la bonne humeur d’où le nom « JEAN QUI RIT »

Merci Madeleine pour votre enthousiasme et votre envie de faire découvrir la Pédagogie Jean Qui Rit

N’oubliez pas, trois sessions enseignantes sont prévues cet été. Elles seront assurées par Madeleine Brault et Caroline Trebucq nos deux formatrices enseignantes.

 

–          Du 6 au 10 juillet 2015 à Toulouse

–          Du 13 au 17 juillet 2015 à Nantes

–          Du 17 au 21 août 2015 à Paris

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Un aperçu de la session familles 2015 à Paris ….

Une session famille vient de se terminer à Paris !

Elle s’est déroulée en 4 samedis. Vous étiez 8 à nous rejoindre : mamans, grands-mères et grand-père, future volontaire d’une association à l’étranger…

Nous vous laissons découvrir en images la Pédagogie Jean Qui Rit….

Toutes les journées commencent par une minute de silence.

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Laure Baratte assurait la formation, elle est professeur de mathématiques et formatrice Jean Qui Rit depuis de très longues années.

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Quelques révisions des derniers gestes appris…

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Lecture au tableau


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Les élèves sont attentifs afin de retransmettre au mieux à leurs enfants.

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Puis dictée de lettres grâce à l’alphabet mobile et au classeur alphabétique…

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Qui dit travail dit pause également, c’est l’occasion de mieux se connaître !

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Une photo de groupe pour terminer ! Merci à tous et bon apprentissage de la lecture avec les enfants qui vous entoureront !

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A la rencontre de Marie-Brigitte Lemaire…

Melle Brigitte LemaireMarie-Brigitte LEMAIRE, « maman » de Jean Qui Rit, qui l’a porté et fait voyager toute sa vie durant  a eu la gentillesse de répondre à nos questions et d’assouvir ainsi notre curiosité. Nous sommes très heureux de partager avec vous son expérience et ses souvenirs.

  • Depuis quand avez-vous démarré l’aventure Jean Qui Rit ?

1950, je termine mes « Humanités Féminines »1 à Nantes et je suis passionnée par la pédagogie. Un certain devoir m’a confirmée dans ce choix, en voici le texte « l’éducation d’un enfant commence 20 ans avant sa naissance, par celle de sa mère » (Napoléon). Que c’est vrai ! Et pendant  quatre ans, je vais aller de découverte en découverte sur les pédagogies utilisées à l’époque afin d’en tirer le meilleur.

1   Filière de l’ancien baccalauréat orienté vers l’histoire de l’art et la littérature étrangère

  • Comment avez-vous été amenée à concevoir et développer une nouvelle pédagogie autour de la lecture à l’époque où vous avez commencé à enseigner ?

J’ai passé un an dans une classe de CP avec des enfants de 6 ans, apprenant à lire et à écrire, bien sûr à compter aussi. A la fin de l’année scolaire, j’étais catégorique : jamais je ne ferai une autre année de CP comme ça ! Pourquoi, alors que tous savaient lire et écrire ? Parce que ces enfants plein de vie ne devaient pas bouger, ils devaient seulement « regarder et écouter » et bien sûr « redire » : bienheureuses répétitions qui gravent les fondamentaux dans la mémoire !

  • Quelles sont les grandes lignes de la pédagogie Jean Qui Rit et quels éléments font selon vous l’originalité et la force de la pédagogie ?

Jean Qui Rit ajoute à l’enseignement de toujours ce que les enfants attendent le plus : agir avec leur corps, utiliser la « motricité » si présente au jeune âge.

Ainsi il y a tous les jours  15 à 20 minutes de « chants et gestes ». Pour la lecture, il y a un geste à faire pour l’étude de chaque voyelle, puis des consonnes ; ainsi se forment les syllabes simples avec 2 gestes qui déclenchent le son. D’où la lecture gestuée qui devient un jeu vivant.

La force de cette pédagogie est l’introduction de 3 éléments nouveaux que sont le GESTE, le RYTHME et le CHANT.

  • Pourquoi y a-t-il cette importance des gestes ?

Dès sa conception, le tout petit vit, il va grandir, se développer et bouger. A sa  naissance, la vie va se manifester par le mouvement et ceci pendant des années. A sa naissance, le bébé n’est pas encore « fini ». Il va se construire ; savez-vous comment ? En multipliant ses gestes ! Il les découvre, puis les répète,  il les affine au long des années.

  • A quel âge les enfants peuvent-ils commencer à utiliser Jean Qui Rit ?

Jean Qui Rit est le développement le plus complet possible des richesses des enfants à l’âge de 6 ans. Dès sa naissance, les mamans bercent en chantant  pour endormir leur bébé. Elles font instinctivement geste, rythme et chant : les trois valeurs de Jean Qui Rit sont inscrites en tout bébé ! Mais notre programme commence réellement en GS puis CP et CE1.

  • Cette pédagogie convient – elle à tous les enfants? Avez-vous eu des échecs en la pratiquant?

Bien sûr puisqu’ils sont tous des enfants en croissance ! Le geste les détend, le rythme les organise, dans leur corps et leur esprit et le chant les épanouit.

Je n’ai pas eu d’échec, mais seulement quelques enfants peu mûrs pour leur âge, ou ayant un dossier psychologique… et les exercices les dépassaient : « je veux bien mais je ne peux pas ».

  • En moyenne, en combien de temps un enfant sait – il vraiment lire avec JQR?

De même qu’un enfant passe 9 mois dans le ventre de sa mère, un apprenti lecteur a besoin de 9 mois pour acquérir une lecture courante. Chaque enfant est unique, ainsi dans leur développement physique et intellectuel, des élèves de même âge peuvent lire en comprenant, après 5 ou 6 mois,  mais le français a beaucoup de particularités et il faut aussi les « avaler », avec Jean Qui Rit pas de problèmes !

  • Quel est votre plus beau souvenir avec Jean Qui Rit ?

Des mamans, des enseignantes extraordinaires, des courriers touchants, j’en ai plein mes poches et mon admiration est sans limite pour leur patience pour chacun de leurs enfants : c’est un art plein d’amour. Voilà quelques phrases d’enfants de ces courriers qui me viennent  à l’esprit :

« Dis maman pourquoi on ne fait pas Jean Qui Rit le dimanche aussi ? »

« Je t’aime » dit un petit garçon en sautant au cou de sa maman après ¼ d’heure d’exercices Jean Qui Rit.

« Maman est ce qu’on peut inviter Jean Qui Rit à mon anniversaire… »

  • Combien d’enseignants et de mamans avez-vous formé ?

Dieu seul le sait car de 1954 , 1ère session à Angers avec des enseignantes de CP (une trentaine) jusqu’à maintenant avec deux sessions par été de 20 à 40 personnes en moyenne, c’est à vous de multiplier….et à cela il faut rajouter une dizaine de sessions pour les mamans par an jusque dans les années 2000.

  • Avez-vous une idée approximative du nombre d’enfants qui ont appris à lire avec Jean Qui Rit ?

Je peux dire des milliers et des milliers, je parlais de 20 à 40 enseignantes qui ont chacune 25 à 35 CP, on arrive vite à plusieurs milliers.  Jean Qui Rit a plus de 50 ans et a voyagé dans le monde entier.  Si l’on prend l’exemple de l’ Afrique,  les classes sont surpeuplées : 80 élèves souvent…. Pour vous donner une idée, lors d’une session en 2014 à Brazzaville, en additionnant le nombre de petits CP qu’auront les maîtres, l’effectif monte à 2547… pour une seule session de formation !!!!

  • Jean Qui Rit voyage également beaucoup, vous venez de nous parler de Brazzaville, où avez-vous eu l’occasion également d’aller pour transmettre votre pédagogie ? L’enseignement de Jean Qui Rit se passe-t-il de la même manière à l’étranger où y-a-t-il des contraintes particulières (culturelles, matérielles…) ?

Voilà où commence l’aventure Jean Qui Rit ! 1960 ! La Belgique a la méthode globale. Des institutrices aimeraient revenir à des pédagogies plus classiques. Je vais proposer Jean Qui Rit… et s’en suivirent des sessions qui formèrent plusieurs centaines de maîtresses, qui ne savent plus enseigner autrement qu’avec les gestes ! Puis ce fut l’Afrique de l’Ouest, sessions de 50 à 80 participants. Puis le Canada pour sortir de la méthode globale et bien lire en français. Puis les Antilles. Le Chili encore en 2013. J’oublie le Portugal où Jean Qui Rit fut traduit et adapté.

  • Une question que beaucoup se posent sûrement pourquoi avoir choisi le prénom « Jean » ?

Cela vient d’une exclamation d’un visiteur « oh, ces enfants ce sont de vrais « Jean Qui Rit »,  faisant allusion au titre de la Comtesse de Ségur : « Jean qui grogne et Jean qui rit » !!!

  • Comment voyez-vous l’avenir de JQR ou que souhaitez-vous pour l’avenir de JQR?

Cette pédagogie utilise presque tous les sens du jeune enfant, et lui permet d’être l’acteur de ses apprentissages fondamentaux,  j’ai envie de dire qu’elle convient à tous les enfants du monde. En 2015, Jean Qui Rit résoudrait les problèmes de discipline, d’intérêt par tant d’activités gestuelles. Le problème est qu’on ne peut transmettre Jean Qui Rit que durant les sessions d’été de 5 jours. Il faut les faire connaître…et les enseignants viendront.

L’association forme des « formatrices » pour avoir des sessions en province.  Les sessions « familles » en 4 jours  pour les mères, pères et grands-parents désireux d’aider leurs enfants et petits-enfants, elles diminuent. Les mamans sont en effet bien plus prises par leur travail, d’où le sentiment de voir Jean Qui Rit se reposer durant l’année dans cette société si occupée.

Par contre, les pays pauvres réclameraient Jean Qui Rit si des enseignantes françaises implantées sur place leur apportaient la pédagogie traduite et adaptée à leur langue. Une session semblable a eu lieu au Chili en 2013 en espagnol.

  • Et enfin, que diriez-vous pour finir de convaincre un directeur d’école qui hésite encore à former ses enseignants ou à une maman qui hésite entre deux méthodes de lecture ?

Monsieur le Directeur,

La pédagogie Jean Qui Rit apporte dans un CP une éducation personnelle à chaque enfant quant à la discipline du corps  grâce à la motricité, quant à l’observation, à l’écoute grâce à la minute de silence, à la concentration, à la précision dans l’écriture et à l’amour du travail bien fait.

Par le geste, le rythme et le chant, trois mémoires supplémentaires permettent un gain de temps, qui sera utilisé pour de la culture générale.

L’essayer c’est l’adopter tant elle fait la joie des enfants ! »

Quand  aux mamans le message est le même, si vous avez encore un doute, je n’ai qu’une chose à vous dire, venez tout simplement découvrir la pédagogie lors d’une session famille.

 

Merci beaucoup de nous avoir fait partager votre histoire et votre expérience !

Et merci pour tous ces enfants qui ont appris à lire et à écrire avec le sourire !

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